Punir les utilisateurs de sites web extrémistes

Le président français Nicolas Sarkozy a proposé une loi visant à punir les utilisateurs de sites webs qui promeuvent le terrorisme et la violence, explique Clémentine de Montjoye.

Exposition des faits

Le 15 mars 2012, Mohammed Merah assassina deux soldats français, en laissant un troisième dans le coma. Quelques jours plus tard, le 19 mars, Merah s’en prit à une école juive de Toulouse, tuant à bout-portant un instituteur et trois enfants. Au cours de l’enquête, il apparut que Merah avait consulté des sites web jihadistes et qu’il avait été au Pakistan à deux reprises, ce qui souleva des soupçons à la DCRI – l’agence française de renseignement. Le 22 mars 2012, à la suite des attaques, le Président Nicolas Sarkozy annonça son intention d’imposer des mesures anti-terroristes plus strictes. Celles-ci comportent une loi condamnant les utilisateurs réguliers de sites web qui promeuvent le terrorisme et la violence. Inspiré par la loi de 2007 qui vise les utilisateurs de sites web de pornographie infantile, Sarkozy affirme que de criminaliser ces pratiques permettrait l’arrestation de suspects dans des délais plus courts sans devoir attendre des preuves tangibles, et justifia que si cette loi avait été introduite plus tôt, Merah aurait pu être arrêté plus rapidement. ‘Reporters Sans Frontières’ a souligné les risques potentiels attenant à ce type de mesure qui vise une restriction de l’accès libre à l’information et a demandé à Sarkozy d’être plus précis au sujet des méthodes qui seraient employées pour l’application de cette loi.

L'avis de l'auteur

Cette loi devrait nous interpeller à plusieurs niveaux. Premièrement, c’est une tentative évidente d’augmenter la surveillance sur internet, un objectif répandu en ce moment. Ces lois contribuent à ce que le gouvernement prenne responsabilité de l’information que ses citoyens peuvent et ne peuvent pas accéder et démontre un manque de confiance en leur jugement et dans la liberté d’expression. Deuxièmement, cette loi n’a pas été introduite selon la procédure traditionnelle. En période électorale le parlement ne se réunit plus, ce qui implique que ces mesures ont été mises en pratique sans délai. Les élections qui se profilent signifient que Sarkozy a hâte de rassembler les votes de l’extrême droite et est donc plus enclin à passer des mesures drastiques qui correspondent à leurs attentes. Enfin, le fait que les origines algériennes de Merah aient été soulignées immédiatement malgré sa nationalité française souligne la fracture croissante de l’identité nationale française et l’approche de plus en plus radicale afin de lutter contre le terrorisme qui est souvent à la limite de violer la loi.

- Clémentine de Montjoye

Lire davantage:


Commentaires (7)

Les traductions automatiques sont fournies par Google Translate. Elles vous donneront une idée générale au sujet du contenu mais ne peuvent pas rendre compte de façon précise et nuancée des propos de l'auteur. Veuillez vous en souvenir lorsque vous les utilisez.

  1. It seems to me that Sarkozy’s proposal is too much of a drastic measure. I do understand that such a law could avoid future terrorists acts but it is also true that governments always have their own personal agendas other than doing whats for the greater good.
    but as mentioned above the government could simply shut down the sites that preach violence or terrorism.
    What we have to keep in mind when voting for or against these drastic laws is that they could always be counter productive, like the government having too much control and the very essence of ‘freedom of speech’ dissolving into thin air.
    Imagine the same situation in a religious society: Governments threatening to jail and punishing people for watching internet pornography. Wouldn’t that result in a public outcry although the religious people would celebrate such a law.
    In my personal opinion there are many other things that could be done other than punishing people for visiting websites. And other governments are actually taking very strict measures other than just tracking down our browser history.

  2. io credo che seppure limitando la privacy individuale sia una buona mossa, insomma perchè qualcuno dovrebbe guardare certi siti se non interessato? o comunque guardali frequentemente? credo che se per il bene collettivo si possa rinunciare a qualche libertà.

  3. btw do I need to write on english? It seems google translate aint working atm or, it cant translate what I wrote? :s

    • Hi Durex, the idea is that you use the Google translate button to translate other people’s comments rather than your own. Please write in whatever language you feel most comfortable.

  4. Pozdrav,

    Ovako ima par stvari koje bih rekao u vezi ovog;

    I) Sa nekog mog gledalista na ovakve stvari, stvarno kaznjavati ljude koji posecuju ekstremiticke sajtove je malo suludo, jedan od razloga je zato sto pola ljudi ni ne shvataju gde ulaze ( jer koliko god mi mislili da je svaka osoba oko nas kompijuterski skolovana grdno se varamo, jer statistika govori drugacije) , a drugo je zato sto su ljudi koji znaju gde su usli radoznali, zele da znaju nesto vise o tome, i onda naravno udju na sajtove tog tipa

    II) Treba kaznjavati, zasto? pa to moze dati ideju nekim ljudima koji su patriote, i misle da treba da brane drzavu od (nepostojecih) neprijatelja, i to stvara velike probleme, jer takvih ljudi je sve vise.

    Zakljucak moj bi bio da ne treba kaznjavati te ljude sto posecuju, ali treba oformiti tim programera koji ce pratiti takve sajtove i odma ih rusiti!

    Srdacan pozdrav!

  5. That’s right my friend but for me it’s strange to punish someone who is watching those websites… If you ask me, those sites should be shutted down!

  6. I find the notion of flagging content as unlawful or suspicious highly offensive. Even if the law defines explicitly what websites could be considered violent or terrorist activity it sends the message that the government is able to suppress or outlaw information and expressions it disagrees with. Today it could be a terrorist or pedophile website, in 20 years it could be anything.

Faire un commentaire dans n'importe qu'elle langue

Dossiers

Faire glisser vers la gauche pour faire apparaître tous les points forts


Le Débat Sur La Liberté d'Expression est un projet de recherche du Programme Dahrendorf pour l'étude de la liberté au Collège St Anthony, Université d'Oxford.

L'Université d'Oxford