Débat sur la Liberté d'Expression

Treize langues. Dix principes. Une conversation.

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1Nous, tous les êtres humains, devons être libres et avoir la possibilité de nous exprimer, et de chercher, recevoir et répandre informations et idées indépendamment des frontières.»
2Nous défendons l’internet et toute autre forme de communication contre l’invasion illégitime des pouvoirs publics et privés.»
3Nous exigeons et voulons créer des médias ouverts et divers afin de pouvoir prendre des décisions informées et participer pleinement à la vie politique.»
4Nous parlons ouvertement et avec civilité de tout type de différence humaine.»
5Nous n’autorisons pas de tabous dans le débat et la dissémination de connaissances.»
6Nous ne formulons pas de menace de violence et n’acceptons pas l’intimidation par la violence.»
7Nous respectons le croyant mais pas nécessairement le contenu de sa croyance.»
8Nous avons droit à une vie privée mais devrions aussi accepter la surveillance pour le bien public.»
9Nous devrions pouvoir contrer des insultes qui portent atteinte à notre réputation sans étouffer un débat légitime.»
10Nous devons être libres de débattre de toute limite à la liberté d’expression et d’information, justifiée par des raisons telles que la sécurité nationale, l’ordre public, la moralité et la protection de la propriété intellectuelle.»

Que manque-t-il?

Y a-t-il un sujet essentiel que nous n'avons pas évoqué? Un 11ème principe? Une étude de cas particulièrement éclairante? Dans cette rubrique, nous vous invitons à partager vos suggestions.

Timothy Garton Ash | Une explication

Vivre avec la différence

Nous sommes amenés, pour la plupart d’entre nous, à rencontrer des gens plus divers que ceux que rencontraient nos ancêtres. Nous les rencontrons virtuellement, à travers internet et les applications de téléphonie mobile, mais aussi physiquement. Le transport aérien et la migration de masse ont eu pour effet de remplir des grandes villes comme Londres, Hong Kong, Dubaï et Toronto d’hommes et de femmes de tout pays, de toute confession et de toute origine. Il n’y a sans doute pas plus de diversité sur la planète prise dans son entier- il y en a même probablement moins dans la mesure où des langues meurent et les modes de vie convergent – mais il y a une nouvelle intimité au sein de la diversité. Exagérons pour mieux expliciter cela : aujourd’hui, nous sommes tous voisins.

Vivre avec la différence

Vivre avec la différence est difficile. Nos croyances les plus chères, nos valeurs, nos modes de vie ne font pas que contraster, elles sont en conflit. Cela ne devrait pas nous effrayer. Le conflit est une partie essentielle de la liberté et une source de créativité. S’il n’y avait pas de différence, il n’y aurait pas de choix, et, par conséquent, pas de liberté. Nous ne devons pas abolir le conflit mais nous assurer qu’il prend place de façon civilisée.

C’est l’esprit de cette proposition de principe- qui est ouverte au débat comme toutes les autres propositions de principes. Nous devons être libres de parler ouvertement de tout type de différence humaine mais sans que les mots ne deviennent des armes. D’où le besoin de ce que nous avons appelé « civilité ». Comme les traducteurs de Wikipédia, là où la « civilité » est un mot essentiel, nos étudiants-traducteurs ont bataillé pour trouver des équivalents dans leur langue . En anglais, j’aime les éléments suivants tirés d’une définition de l’Oxford English Dictionary : «comportement ou discours approprié à des interactions civiles », et « le degré minimum de courtoisie requis dans une situation sociale ».

« Discours de haine » et « caractéristiques immuables »

Une partie importante des textes qui ont été écrit au sujet de la liberté d’expression traite principalement de ce que l’on devrait être libre de dire ou pas, selon la loi, à propos de la façon dont d’autres hommes et femmes diffèrent de notre personne. Une étiquette un peu hâtive utilisée en anglais est « hate speech » (discours de haine). Cette notion a été utilement définie comme discours attaquant ou ciblant un groupe ou une personne sur des caractéristiques qui sont supposément propres à ce groupe. L’article 20 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques demande à ce que « tout appel à la haine nationale, raciale ou religieuse qui constitue une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence » soit interdit par la loi. On a fait couler beaucoup d’encre pour savoir ce que cela signifie, et comment on devrait équilibrer ou concilier les exigences de l’article 19 avec celles de l’article 20 du Pacte. Les pays diffèrent considérablement les uns des autres lorsqu’il s’agit de ce qu’ils autorisent ou pas, et cela ne renvoie pas seulement à la division entre régimes autoritaires et pays démocratiques libéraux.

On trouve de grandes différences entre les plus vieilles démocraties occidentales. La plupart des pays d’Europe et du monde anglophone (Australie, Canada etc.) imposent des limitations légales sur ce que l’on a le droit ou pas de dire qui sont plus strictes qu’aux Etats Unis. Le fond de ce principe est très proche des questions que l’on aborde dans les trois principes suivants : la liberté de débattre d’histoire, de science ou d’autres domaines de connaissance (voir P5), l’incitation à la violence (voir P6), et – un sujet explosif de nos jours- la religion (voir P7). Mais il s’applique tout particulièrement aux déclarations ou aux images qui attaquent ou qui font des généralisations sur d’autres êtres humains selon ce qu’ils sont, plutôt que selon ce qu’ils pensent ou croient, simplement parce qu’ils ont la peau plus foncée par exemple, ou parce que ce sont des femmes, ou parce qu’ils sont nés dans une certaine famille ou une certaine tribu.

Aux Etats-Unis, on parle de « immutable characteristics » (caractéristiques immuables), mais à y regarder de plus près, certaines sont plus immuables que d’autres. On fait souvent la différence entre la religion, que l’on peut changer, et la race, que l’on ne peut pas changer. Cette distinction est-elle si claire? Il est vrai que l’on ne peut pas changer de couleur de peau, mais comme l’ont montré Paul Gilroy et d’autres, la race est une construction sociale. Durant des décennies, une personne qui était invariablement considérée comme « noire » aux Etats-Unis pouvait être « blanche » au Brésil. Dès lors, peut-on dire que la « race » appartient à la liste des « caractéristiques immuables » tandis que la religion fait partie des « caractéristiques muables » ? Que sont, selon vous, des « caractéristiques immuables » ?

Par la loi ou la coutume sociale ?

Ce quatrième principe suggère, comme les autres, que l’on devrait imposer le moins de restrictions possible dans le domaine légal, et le plus de régulation possible à travers les choix que nous faisons librement en tant qu’citoyens et cyber citoyens, adultes et voisins. Essayer d’imposer la civilité par voie légale présente tant d’inconvénients. Au vu de la complexité de la nature des identités dans le monde embrouillé d’aujourd’hui, il est très difficile de définir ce qui devrait et ce qui ne devrait pas être interdit. De pays en pays, la législation est pleine de termes flous comme « troubler » (Grande-Bretagne), « discours menaçant » (Danemark) ou « provocation » (Espagne). Ceux qui défendent cette législation disent souvent : « Mais on ne l’utilise que dans les cas les plus extrêmes ». L’histoire nous suggère qu’elle n’a été utilisée seulement que dans un petit nombre des cas les plus extrêmes, et dans plusieurs cas qui n’étaient pas si extrêmes (voir l’exposition des faits). Son utilisation a été, au mieux, sélective, au pire, presque aléatoire. Parce que les gens ne savent pas où se trouve la limite, l’incertitude de cette législation a de quoi effrayer.

Une fois engagés dans cette voie, nous sommes confrontés, à répétition, à la responsabilité du deux poids, deux mesures. Si la race est protégée, pourquoi pas la religion ? Si la religion est protégée, pourquoi pas la sexualité ? Si les Juifs et les Chrétiens sont protégés, pourquoi pas les Musulmans ? Si les Musulmans sont protégés, pourquoi pas les lesbiennes ? Si les lesbiennes sont protégés pourquoi pas les personnes âgées ? Si l’Etat tente de répondre à ces objections, cela provoque un effet cliquet- d’autres groupes et d’autres sujets encore sont déclarés tabous. L’effet cliquet est une réaction à un effort libéral pour atteindre l’égalité devant la loi, mais aussi au pouvoir des lobbies de certains groupes. En persistant dans cette logique, alors, plus notre société sera diverse, plus il y aura de tabous.

A la fin, on aboutirait au point de vue global exprimé dans la section 153A du code pénal indien qui menace de jusqu’à trois ans de prison quiconque « par mots, écrits ou parlés, ou par signes ou par représentations visuelles ou autres moyens, fait la promotion ou tente de faire la promotion, en raison de la religion, de la race, du lieu de naissance, du lieu de résidence, de la langue, de la caste ou de la communauté ou en raison de n’importe quel autre critère quel qu’il soit, de la discordance ou de sentiments d’inimitié, de haine ou de rancœur entre groupes, castes ou communautés différents par la religion, la race, la langue, ou la région. » A première vue, cela semble être la recette du multiculturalisme le plus abouti. En fait, ce texte remonte à l’Empire britannique et à un code pénal rédigé par l’historien Thomas Babington Macaulay. Il suivait une logique d’oppression coloniale : contrôler ces autochtones agités en s’arrogeant le droit d’enfermer quiconque dit quelque chose d’insultant à quelqu’un d’autre.

En empêchant les gens d’exprimer publiquement ces pensées et ces sentiments, on ne les empêche pas de les penser et de les ressentir. Ces pensées et ces sentiments sont tout juste repoussés sous terre où ils pourrissent pour ressurgir plus tard sous des formes plus venimeuses.

S’offenser

Une telle législation a pour effet pervers d’encourager les gens à s’offenser. Est-ce que nous voulons faire partie de ces gens qui s’offensent en permanence ? (« C’est le signe d’une position de faiblesse, et non de force » remarque l’écrivain sud-africain, J.M. Coetzee « que son détenteur, lorsqu’on le défie, s’offense »). Veut-on apprendre à nos enfants à se voir comme des victimes ? Même si vous pensez que la loi devrait être utilisée, d’une façon symbolique, expressive, pour « faire passer un message », est-ce le bon message à faire passer ? Ou veut-on apprendre à nos enfants que la personne rabaissée par une insulte infondée, qu’il s’agisse de racisme, de sexisme, de nationalisme ou d’âgisme, c’est la personne qui insulte, pas celle à qui l’insulte est destinée.

Un vieux proverbe anglais dit : « Sticks and stones may break my bones, but words can never hurt me » (la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe). En tant que considération descriptive, cette affirmation est entièrement fausse.  Les mots peuvent blesser profondément. Lisez-le non comme une description mais comme un commentaire prescriptif et vous découvrez un autre sens : je veux être le genre de personne qui ne peut pas être blessée par des mots insultants. Dans un monde où nous sommes quotidiennement confrontés à l’intimité de la différence, nous devons tous nous endurcir.

Pourtant, bien sûr, cela est bien plus facile si l’on est un homme riche et puissant appartenant à la majorité dominante que si l’on est une femme pauvre appartenant à une minorité ostracisée. On ne peut se limiter à dire « Il faut nous endurcir ». Il faut prendre en considération la différence entre les forts et les faibles.

Vers une civilité robuste

Pour que l’expression demeure libre, nous devons avoir le droit d’offenser, cela ne veut pas dire que nous avons le devoir d’offenser. Nous devons trouver des façons de parler franchement des différences sans insulter la dignité humaine de base de ceux à qui ou de qui nous parlons.

Bien des chemins mènent à la civilité robuste, et ils varient beaucoup selon les contextes (c’est d’ailleurs une autre raison pour laquelle une loi générale sur les discours incitant à la haine serait si inefficace pour réguler cette forme complexe d’interaction humaine). Une bonne partie de l’humour consiste précisément à transgresser les limites habituelles de la civilité. La moitié des plaisanteries dans le monde sont, à première vue, des insultes ethniques ou sexuelles scandaleuses. Pour vous en donner un exemple très modéré, Omid Djalili dit « Je suis le seul comédien iranien au monde, et c’est trois fois plus qu’en Allemagne ». Parfois la différence entre une plaisanterie juive et une plaisanterie antisémite réside dans celui qui la dit.

Sans y penser, nous adaptons tous nos principes de civilité plusieurs fois par jour. Il y a des choses que l’on dit librement à un ami proche au bar que l’on ne dirait jamais à la table de grand-mère. Les comités, les écoles, les clubs, les usines, les universités et les bureaux ont tous leurs codes formels ou informels. Ceux-ci sont souvent plus restrictifs ou, du moins, mettent plus l’accent sur la civilité formelle, que ceux que l’on trouve ailleurs. La plupart des sites internet et des publications ont leurs propres normes.

La liberté d’expression comme navigation

Le philosophe Michel Foucault nous dit que le penseur épicurien Zénon de Sidon disait que la liberté d’expression devait être enseignée comme une compétence, une techne, comme la médecine ou la navigation. Je ne sais pas ce qui est ici de Zénon et de Foucault mais il me semble que c’est une idée vitale pour notre époque. Dans ce monde bondé, nous devons apprendre à naviguer par le discours de la même façon que les anciens marins naviguaient à travers la mer Egée. Nous ne pouvons pas apprendre cela si l’état ne nous autorise jamais à sortir le bateau.

Wikipédia est un bon exemple d’une communauté qui dénigre ses propres lois de civilité. Nous avons essayé de faire la même chose avec les normes de la communauté de ce site internet. Si la plupart d’entre nous pouvons nous mettre d’accord, dans un débat franc et civilisé, sur quelles doivent être les limites volontaires et auto-imposées d’un débat libre dans une communauté ou un contexte particulier, ce serait un succès pour la liberté d’expression et la civilisation.

Qu’en pensez-vous ?  C’est un sujet sensible et complexe. Certains de nos conseillers ne sont pas d’accord avec ce que j’ai énoncé ici. Jeremy Waldron, par exemple, pense qu’il y a de très bonnes choses dans les législations européennes et canadiennes.  Jetez donc un coup d’œil aux points de vue divergents puis participez à votre tour.

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Publié le : janvier 22, 2012 | 16 commentaires

Commentaires (16)

Les traductions automatiques sont fournies par Google Translate. Elles devraient vous donner l'idée générale de ce que le contributeur a essayé de faire part, mais ne comptez pas dessus pour vous donner une traduction exacte et nuancée. Lisez les avec ceci en tête.

  1. manishmicrobe dit :

    Excellent piece! I agree with almost all of the points made here.

    My only worry associated with this proposed “civil” and courteous free speech is the remarkable ability of the same spoken language to be simultaneously civil and uncivil to different audiences. Accounting for a gradient of such differences in perception, I wonder if the final test of civility in tricky situations will indeed be the lack of violence/ violent overtures. And if that is the case, it may as well be codified as such in law!

  2. annemarie_detlef dit :

    As a general principle I definitely agree that free speech should be a universal right. Contentwise, however, there should be restrictions.
    Considering the fact that communication occurs between two subjects, the sender and the recipient, both subject’s values matter in the process. The tricky part in the proposed principle therefore is ‘civility’.
    Civility itself restricts free speech. I think most people agree that the publication of the Muhammad cartoons were not an act of particular civility, because it offended the religious / moral values of the recipient group.
    How can we thus find the balance between the universal right to free speech and non-universal values of sender / recipients?

    • Janet Haney dit :

      Hello Annemarie. I saw the Danish Cartoons for the first time this week. They were not shown in UK when the furore first broke out, and I didn’t think about them much again until recently (it was the DV8 dance event – Can We Talk About This? – that brought them back to mind, something I saw in London a few weeks ago). I would be disappointed if ‘most people’ agree that their publication was ‘not an act of particular civility’. But I would not be surprised that people had been frightened into saying such a thing after the alarming response of the murderous threats at the time. Remember – the cartoonist was threatened with a violent death: http://www.guardian.co.uk/world/2010/jan/04/danish-cartoonist-axe-attack

      • annemarie_detlef dit :

        Hi Janet, apologies for my late response. I hadn’t seen on my account that you commented on my post.
        I just had an argument with a girl studying Human Rights at LSE. In summary, she clearly argued that if she was a cartoonist, she would never (!) publish something which would so obviously assault a certain group. Would you do so? Why do you think that this case was not ‘not an act of particular civility’?

  3. Elvin Aliyev dit :

    I disagree with most of the statements made in this article for one reason. All of the arguments made above are valid and work only if one assumes that a human is a rational and educated creature who will inform him or herself before making a decision or forming an opinion. That however is not true, and sadly enough many of us all fall under pressure by our envirnment and propaganda. These so called insults which one directs towards others under the excuse of freedom of speech are messages of hate. They in themselves want to hurt others and limit the freedom, human rights and the freedom of expression of a particular group. Therefore limiting the “freedom” in the “freedom of speech” is ironically an important part of achieving a more tolerant and civil society.
    Moreover, I completely disagree with the comment made about the Indian Penal Code. The history of the law is completely irrelevant. True, it might have been originally written for a different purpose but it doesn’t mean that it always has to be used just for that same purpose. If freedom of expression was once used as an excuse to limit the rights of colonized citizens, it does not mean that it now should be abolished because of its dirty history. In fact, as the author has stated it himself, there is huge room for interpretation in the issue of free speech, therefore this same law can be used in more noble ways.

  4. annemarie_detlef dit :

    A very interesting and controversial article posted by Janet Haney – Kenen Malik on multiculturalism. He suggests that we can either pledge equality of cultures or equality of people, but not both. Thanks Janet :-) !
    http://www.kenanmalik.com/lectures/multiculturalism_if.html

  5. Diosa dit :

    Freie Meinungsäußerung ist wichtig, solange der Redner dabei nicht die Recht e anderer Menschen beschneidet oder andere Lebewesen diskriminiert.

  6. Psychokiller dit :

    Freie Meinungsäußerung hängt vom Betrachter ab, jeder Mensch hat da so seine eigene Meinung zu, wie er “Freie Meinungsäußerung” versteht. In Deutschland z.b. muss man schon aufpassen was man sagt damit man nicht gleich als Rassist abgestämpelt wird, das beste beispiel dazu ist der Negerkuss, da es als Politisch nicht Korrekt angesehen wird, heist der Negerkuss nun Schokokuss. Und das alles nur wegen einer Vorgeschichte die schon eine ewigkeit her ist.
    Dementsprchend hängt es von der einzelnen Person ab wie er für sich “Freie meinungsäußerung” definiert, denn viele Menschen werden sich die genau Definition nicht durchlesen.

  7. gjs 65 dit :

    Ich Denke, das Problem ist es nicht alles erlauben aber auch nicht alles verbieten, und die Mitte zu finden ist fast unmöglich.
    Da wir jetzt in eine Digitale Welt leben, sind Massen von Menschen schnell erreichbar und Worte und Zeile können viel Böses aber auch Gutes anrichten.
    Aber das wichtigste ist das Menschen, Völker nicht Beleidigt, Bloßgestellt, Lächerlich usw. gemacht werden.
    Da denke ich ist noch ein Nachholbedarf

  8. Brigitte dit :

    “Selbst wer denkt, Gesetze sollten dazu da sein, ein Symbol zu setzen und eine Botschaft zu senden, muss sich fragen: ist dies die richtige Botschaft? Wollen wir nicht lieber, dass unsere Kinder verstehen dass eine Beleidigung, sei sie rassistisch, sexistisch, nationalistisch oder gegen bestimmte Altersgruppen gerichtet, immer den beleidigenden erniedrigt, und niemals den, der beleidigt wird?”

    Das finde ich als die richtige Einstellung zu den Menschen, die mit ihre Unwissenheit und Schwäche andere beleidigen wollen sollen wir als sich selbst “ernidrigt” sehen.

    Obwohl wir durch die schnelle Digitalle Welt jeder Zeit die möglichkeit haben sich zu informieren, genau nachforschen, wird trotzdem durch unwissenheit beleidigt und erniedrigt.
    Respekt;
    Eine gute und Verständisvolle Erziehung bring uns dazu in dem richtigem Moment das richtige zu sagen, wie hier schon im Text geschrieben wird, würden wir niemals mit unsere Oma oder Vater genauso sprechen wie mit unsren Freunden,

    Leider viele Mißverstehen die Redefreiheit.

  9. Boris dit :

    My opinion is that such kind of speech and expression of thoughts, jokes, etc. connected with immutable characteristics of people, shouldn’t be limited by law and society: it should be up to every person, what should he/she say and what shouldn’t. Up to his/her mind and conscience. Until it harms person.

  10. Publicspaceshult dit :

    Some discussions about human difference cannot be civilly discussed; for example, racism should never be allowed.

  11. Dick McJohnson dit :

    I am against racism, and I have nothing against any religion other than Islam. I think people should be entitled to say what they believe about Islam and the very real actions caused by Islam. Many people have had enough of the politically correct discourse that Islam is a religion of peace, etc etc, but are afraid to say so because they would immediately be labelled Islamophobes. Due to our tolerance, the non-Muslim inhabitants of Western countries are allowing ourselves to be steamrollered by Muslims and their increasingly intrusive demands – sharia law, changes in our foreign policy, etc. It seems to me that they are enemies in our midst and not loyal citizens. Islam is simply incompatible with Western democracy, and I demand that anyone who wants to say that be able to do so, and feel no compulsion to be silent about this most pressing of issues.

  12. Dick McJohnson dit :

    I agree with ‘we speak openly about all kinds of human difference’, but the problem comes with defining ‘with civility’, because that is the point where certain groups will want to take offence at certain inconvenient truths, for instance that Islam is not a religion of peace and brotherly love.

  13. sebastianhuempfer dit :

    Dick,

    You claim that “it is not … permitted to criticise Muslim immigration and Islam”. You “demand that anyone who wants to say that [Islam is incompatible with Western democracy] be able to do so, and feel no compulsion to be silent”. You “think people should be entitled to say what they believe about Islam”. I don’t understand what you mean.

    Who is stopping you from speaking your mind? Your views are right here, out in the open.

    Views very much like yours are all over the mainstream media. They are also being articulated by influential and widely-read bloggers. Just look here [http://bit.ly/VthfKR], here [http://bit.ly/18ocQxU], here[http://bit.ly/18m1J8u], here[http://bit.ly/10UkffD], here[http://bit.ly/124TpZH], here[http://bit.ly/16dH6f1], or here[http://dailym.ai/132KhBn] - all circulating widely just in the last few days.

    How can you say that people are prevented from reading and writing such things when they and you are saying and writing them every day? Do you feel that what is being published does not go far enough? If that’s the case, look at the comment threads (if you can read German, you will particularly like this [http://bit.ly/NQftA5]), or Twitter, or Reddit, or Youtube. Legions of users post violently anti-Muslim statements there, which get likes and upvotes. Sometimes one or two people are arrested and later released without consequences if they are deemed to incite hatred or violence, for which they have to go much further than you do in your post; the cases your link referred to involved direct threats. Why should those be legal?

    Views similar to yours are also represented by politicians in the UK [http://bit.ly/1aizioB], the Netherlands [http://bit.ly/10HcmLs], Germany [http://bit.ly/16yAkzd], France [http://bit.ly/112jXn0], Austria [http://bit.ly/188rzwM] & Switzerland [http://bit.ly/16oRl07] & Italy [http://on.ft.com/13YvwRh] (where these parties were or are in government), Denmark [http://bit.ly/10zF4kN], the US [http://bit.ly/19lJcrS] and, I believe, your own country, Finland.

    Many political parties cater to the “I’m not racist but…” and “We can’t even say/do what we want anymore” crowds; they have plenty of politicians who warn that “sharia law” will be imposed on their countries if they do not protect western liberal democracy against ‘Islam’, including by deporting fellow citizens they disagree with. And gain, if the likes of Farage and Le Pen do not go far enough for your taste, there are even more radical parties in most of these countries, who in some cases receive state funding and in all cases enjoy the same police protection as everyone else when they want to voice their opinions.

    You seem to think your views are being censored by the police, political correctness and/or a liberal bias in the news media. I just don’t see any evidence that that’s the case. There is absolutely no shortage of anti-Muslim sentiment in our public discourse. On the contrary, people espousing such sentiments have been allowed to inject their poison into the veins of most western body politics, clouding the judgement of policy-makers and an often ill-informed public, so that bearded men and veiled women and conservative Muslims are now widely perceived as ‘Islamists’, ‘radicals’ and/or ‘oppressed women’, and many in the west have been convinced that ‘sharia law’ is the devil incarnate, and ‘jihad’ some global plot hatched in the 7th century to kill all infidels. (Evidence here [http://bit.ly/ZdZQpa] and here [http://bit.ly/ZsVNI6].)

    So why do you say that people like you are being silenced when you clearly have a platform in the media, on the internet, on the street and in politics? It must be because, beyond the crowd in your own echo-chamber, you have no audience. Despite everything, not many people agree with views as extreme as yours, even though more and more agree with a diluted version of your views because of the platform given to anti-Muslim rhetoric in the media and online. 

    What’s more, most people probably dislike you rather instinctively. Starting a post with I’m-not-racist-but doesn’t help; nor does calling 2 billion people “naive”, or 12 million fellow citizens “enemies in our midst”. Maybe a bit of civility would do the trick, Dick? You may think you are being censored, but in reality you are just being ostracised by the majority who disagree with your weak arguments and/or your vicious rhetoric.

    All your claims rest on the assumption that you can extrapolate from the ‘Islam’ of criminals like Michael Adebolajo and Anjem Choudary to the faith(s) of billions of people living all over the world and throughout history. You assume that what hate preachers say and governments do under the banner of religion is the one and only interpretation of a kaleidoscopic and fluent faith and centuries of practice, law and scripture. Yet you only apply this twisted reasoning to Islam.

    If you applied your logic to Christianity, you would have to conclude that ‘Christians’ (i.e. everyone from 21st-century Quakers to 12th-century crusaders and Jesus himself) are and always were like Anders Breivik and Terry Jones; that they are and were and will always be evil because some (democratic!) majority-Christian countries have barbarous criminal justice systems (including the death penalty, extrajudicial assassinations and torture); that Christianity is inherently racist and homophobic and misogynistic because it was and is used by many of its followers to justify slavery and resist movements for equality to this day; and that many Christians want to remove the liberal democracy that is incompatible with their faith, and replace it with Biblical law.

    Those who really care about their faith, in my personal experience, care about all of it, especially the bits that ask them to do what they don’t want to do. Those who abuse religion to justify their crimes always seem to care about nothing but “an eye for an eye” and the randomly picked and decontextualised quotes that give them an excuse for what they want to do for reasons unrelated to religion. So what’s the point of lumping them all together and condemning the many for the actions of the few? Condemning all members of an arbitrarily and loosely defined group for the actions of some of its ‘members’ is either nonsensical or bigotted. But if you are going to engage in such generalisations, you will have to at least hold everyone to the same absurd standard, or people will put labels on you that you do not seem to want to carry. You can’t insist on your right to call something you think is a spade a spade but deny others the right to do the same.

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Le Débat sur la liberté d'expression est un projet de recherche du Dahrendorf Programme pour l'étude de la liberté à St Antony's College à l'Université d'Oxford. www.freespeechdebate.ox.ac.uk