Débat sur la Liberté d'Expression

Treize langues. Dix principes. Une conversation.

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1Nous, tous les êtres humains, devons être libres et avoir la possibilité de nous exprimer, et de chercher, recevoir et répandre informations et idées indépendamment des frontières.»
2Nous défendons l’internet et toute autre forme de communication contre l’invasion illégitime des pouvoirs publics et privés.»
3Nous exigeons et voulons créer des médias ouverts et divers afin de pouvoir prendre des décisions informées et participer pleinement à la vie politique.»
4Nous parlons ouvertement et avec civilité de tout type de différence humaine.»
5Nous n’autorisons pas de tabous dans le débat et la dissémination de connaissances.»
6Nous ne formulons pas de menace de violence et n’acceptons pas l’intimidation par la violence.»
7Nous respectons le croyant mais pas nécessairement le contenu de sa croyance.»
8Nous avons droit à une vie privée mais devrions aussi accepter la surveillance pour le bien public.»
9Nous devrions pouvoir contrer des insultes qui portent atteinte à notre réputation sans étouffer un débat légitime.»
10Nous devons être libres de débattre de toute limite à la liberté d’expression et d’information, justifiée par des raisons telles que la sécurité nationale, l’ordre public, la moralité et la protection de la propriété intellectuelle.»

Que manque-t-il?

Y a-t-il un sujet essentiel que nous n'avons pas évoqué? Un 11ème principe? Une étude de cas particulièrement éclairante? Dans cette rubrique, nous vous invitons à partager vos suggestions.

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Quand la liberté d’expression consiste à ne rien faire

En 2011, la police du Biélorussie a arrêté de nombreuses personne lors d'une manifestation silencieuse à Minsk. Annabelle Chapman s'intéresse à ce cas.

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Exposition des faits

Le 20 Juillet 2011, une foule s’est rassemblée en publique à Minsk, en Biélorussie. Le rassemblement avait été coordonné par l’intermédiaire de médias sociaux, afin de protester contre le régime autoritaire de la Biélorussie dans le contexte de difficultés économiques grandissantes. Il n’y avait ni bannière, ni slogan. La «manifestation silencieuse» fut l’une des nouvelles méthodes inventives que les Biélorusses ont trouvé pour exprimé leur mécontentement, dans un environnement où l’opposition est réprimée. D’autres méthodes innovantes sont par exemple des rassemblements où les gens font sonner les alarmes de leurs téléphones portables en même temps.

Le 20 Juillet 2011, la police a dispersé le rassemblement et arrêté de nombreuses personnes. En réponse à ces événements, le parlement Biélorusse a amendé la loi sur l’organisation d’événements de masse. La nouvelle loi adoptée le 3 Octobre 2011 interdit la planification de «présence de citoyens en masse ayant pour but […] l’action ou l’inaction» qui serait «une forme d’expression publique, politique, ou une manifestation.» En Juin et Juillet de cette année là, plus de 500 biélorusses reçurent des sentences allant de 5 à 15 jours d’emprisonnement pour avoir participé à ces événements.

L'avis de l'auteur

La nouvelle loi réduit encore la liberté d’expression des biélorusses, elle qui était déjà très limitée à travers la censure gouvernementale et l’interdiction de manifestations. En utilisant des actions inoffensives comme marcher ensemble ou taper dans les mains, ces «manifestations silencieuses» ont été une manière symbolique pour le public d’exprimer son mécontentement, même dans le contexte d’un gouvernement autoritaire. Lorsqu’un groupe de gens se réunit ainsi, il est difficile de discerner qui est un manifestant et qui est simplement un passant.

La nouvelle loi est absurde, mais elle possède également des implications dangereuses. Elle autorise la police à arrêter n’importe qui, puisque le critère de «culpabilité» est extrêmement vague. Le gouvernement est si déterminé à affaiblir l’opposition qu’il devient suspicieux de chaque action publique. Même s’asseoir dans le centre ville pour apprécier le beau temps est devenu une forme de liberté d’expression.

- Annabelle Chapman
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Publié le : février 10, 2012 | Pas de commentaire

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Le Débat sur la liberté d'expression est un projet de recherche du Dahrendorf Programme pour l'étude de la liberté à St Antony's College à l'Université d'Oxford. www.freespeechdebate.ox.ac.uk